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Morges Départ de Roger Duperrin Cyclo/04.02.09
Après un Tour de Suisse qui aura duré trente-huit ans, Roger Duperrin a choisi de ramener son accent chantant en France, son pays d’origine. Quand il a débarqué en Suisse, en 1971, sans doute savait-il déjà qu’il retournerait dans l’Hexagone de Sarkozy à l’heure de la retraite. C’est probablement pour ça qu’il a soigneusement entretenu son accent chantant tout au long de son séjour chez les Vaudois.
L’homme est né (avait-il déjà la pipe au bec ?) en 1943. C’était dans la région de Bordeaux où il acquiert une formation de mouleur-fondeur. La recherche de travail l’amène à venir chez un oncle, dans le Pays de Gex. Il travaille six mois au CERN à Genève avant de trouver de l’embauche, en juillet 1971, à la Fonderie André Neeser à Morges. Il n’en bougera plus jusqu’à l’heure de la retraite qui a sonné en été 2008.
Roger Duperrin est devenu un vrai Morgien. Homme sociable, qui cultive l’amitié aussi soigneusement que les coups de gueule (« On va les regretter ! » affirme Jean-Marc Solliard), il a retrouvé au Forward Rowing-Club, des avirons qu’il avait maniés en France. « J’ai été vice-champion suisse avec le « huit » du Forward ! », se plaît-il à rappeler.
Est-ce faute d’avoir pu pratiquer le rugby ? Toujours est-il qu’à plus de 30 ans, Roger Duperrin se tourne vers la « Petite Reine ». Il flirte avec elle uniquement comme randonneur : « Je n’ai jamais fait de compétition ! Le Cyclophile morgien, c’est avant tout le plaisir d’être avec des copains. Il y a une bonne ambiance. On a fait de beaux tours… »
Roger Dupperin était un membre, un vrai. L’un de ceux qui tournent les pédales, certes, mais qui ne se tournent pas les pouces quand il y a une tâche à accomplir. Le regret de le voir partir n’en est que plus vif. Et l’on ne peut que saluer l’initiative de Bernard Zimmerli : quelques jours avant le départ de Roger Duperrin et de son épouse Elisabeth (qui a travaillé durant 30 ans à l’Hôpital comme employée de maison et qui a été durant 14 ans concierge de la salle de gymnastique de La Longeraie), il a convié ses amis à partager une fondue au local du Cyclo. Bien que la grippe ait décimé le peloton, ils étaient nombreux à avoir tenu à partager ces moments d’amitié « caquelonesque ».
Que disent-ils de Roger ? « C’est la joie et la serviabilité ! » (Bernard Zimmerli). « Le Méridional ! » (Francis Félix). « Il était toujours présent quand il y avait un job à faire. Et je dis rien de son accent… » (Antoine Cornuz). « Un bon type qui a toujours rendu service, qui était toujours disponible. Un bon camarade, gentil et serviable. » (Marin Froidevaux). « Un compagnon pour les sorties mais aussi pour le travail. » (Michel Buller). « Un gars à qui ont pouvait faire confiance, sur qui on savait pouvoir compter ! » (Jean-Pierre Châtelain). Presque des éloges funèbres. Mais rassurez-vous : Roger n’a pas encore cassé sa pipe.
« On est bien en Suisse. J’ai passé de bons moments de ma vie ici… » confiait Roger avant de s’échapper emmenant dans sa musette pipe, accent chantant et, surtout, beaucoup d’amitié.
G.H
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